1.1.DEPOLLUTION ET NETTOYAGE DANS LA ZONE DE LA MORT
7 900 m d’altitude c’est la zone de la mort. Le camp IV (dernier camp avant l’assaut final vers le
sommet). Les alpinistes ne doivent y séjourner que le minimum de temps. A cette altitude le corps
humain se dégrade de façon inexorable très rapidement. A ces altitudes, il reste aux alpinistes moins
de 20 % de leurs capacités intellectuelles et physiques.
A 7 900 m le temps compte. Chaque minute de moins passées à ces altitudes, c’est la garantie de la
survie. Les stigmates de la haute altitude marquent les visages de tous les alpinistes y compris les
mieux acclimatés. C’est probablement pour ces raisons que l’on trouve dans Cette zone de la mort
située au dessus de 8 000 m les déchets les plus nombreux. L’hypoxie, le manque d’oxygène, les
conditions infernales qui y règnent, la fatigue extrême des hommes les poussent à ne pas s’encombrer
de leur propre matériel (tentes/ duvets / bouteilles d’oxygènes vides….). Les conquérants de l’Everest
courent vers leur probable survie, vers les camps inférieurs situés à des altitudes plus clémentes.
La promesse d’un air plus saturé en oxygène, la promesse des retrouvailles avec un univers plus
humain conduit à des comportements inacceptables de la part de personnes normalement très
sensibles à l’environnement de leurs pratiques.
Avec les bouleversements climatiques, le réchauffement de la planète, les glaciers de la très haute
altitude fondent eux aussi de manière anormalement rapide. Cette fonte accélérée met à jour les
quantités de déchets autrefois enfouis sous des mètres de neige.
La fréquentation croissante et des expéditions de plus en plus importantes ont accéléré la pollution
des camps d’altitude sur les différents versants de l’Everest. Le nombre d’expédition est en croissance
permanente. La pollution par les déchets atteint des niveaux préoccupants sur tous les itinéraires
extrêmement fréquentés. Ces situations portent un tort considérable à l’alpinisme.
On parle de
«la plus haute poubelle du monde».
Une image vient parfois en tête quand on pense à l'Everest : la photo d'un col sud souillé par un amas
de bouteilles d'oxygène. Un rapport de l'association Nepal Mountaineering
de 1995 a mesuré qu'en 40
ans, plus de 140 équipes avaient abandonné environ seize tonnes de matériel sur l'Everest.
Il semble qu’aujourd’hui, les expéditions laissent du matériel et des déchets en place pour des raisons
de facilité, de convenance en se disant que de toute façon, il y aura bien des gens qui vont monter
des opérations de nettoyage et de dépollution.
1.3.UNE TONNE DE DECHETS REDESCENDUS A DOS D’HOMMES
Pour mener à bien une entreprise de dépollution sur ce versant de l’Everest, il faut appréhender la
géographie des lieux. Il faut aussi comprendre qu’il est impossible de mécaniser ces tâches. Seuls les
hommes peuvent aller nettoyer à ces altitudes. Aucun hélicoptère ne peut travailler à ces altitudes.
Les sherpas, le peuple Himalayen sont les seuls capables d’accomplir ces travaux dans des conditions
hors normes.
Pour monter en altitude aux différents camps, il faut démarrer progressivement en respectant les
étapes suivantes : Camp de base 5 380 m / Camp I 6 065 m / Camp II 6 500 m /Camp III 7 470 m
Camp IV 7920 m. Entre chaque camp, de 1 à 2 jours d’ascension
Nous envisageons de procéder aux opérations de nettoyage pendant 10 semaines consécutives.
L’objectif quantifié sur ces 10 semaines est le suivant :
Hypothèse : Un Sherpa peut porter à la descente 20 Kg
En 10 semaines, un Sherpa peut effectuer 6 rotations soit 120 Kg
Un Yack porte 40 Kg
Objectifs : En 10 semaines, descendre entre 500 kg et une tonne deux cents de
1.5.LA PREPARATION
Ce genre de projet ne doit pas être mené par improvisation. Toutes les phases critiques doivent être
préparées durant de long mois. Cela fait maintenant 2 ans que nous préparons activement cette
opération. Le choix des meilleurs Sherpas pour les travaux de dépollution, les choix de matériel
technique. Bien souvent pour la très haute altitude, il faut adapter le matériel technique que nous
utilisons en France dans les courses de haute montagne, car là haut à plus de 8 000 m, avec les
conditions extrêmes surtout l’hypoxie, les gestes sont très compliqués à accomplir. Les facultés de
discernement et de décision sont tellement altérées que le moindre imprévue se transforme en
problème majeur. Tout prend des dimensions démesurées. Il faut donc être le plus prêt possible et ne
rien avoir oublié dans ses préparatifs à la fois sur le plan mental et sur le plan physique.
Une excellente condition physique est nécessaire pour tenter ce genre d’aventure. La meilleure
préparation, c’est la préparation aérobie basée sur les seuils d’endurance et de travail à 2 mmmol par
litre de sang. La très haute montagne, c’est de l’hyper endurance.
1.6.L’ACCLIMATION
Aucune population ne vit au dessus de 5500 m d’altitude. A cette altitude, l’organisme se dégrade de
façon irrémédiable. (Pertes de poids, de muscles, de neurones…). Il faut donc éviter les séjours
prolongés en très haute altitude et privilégier la redescente vers les camps inférieurs plutôt qu’une
attente prolongée en camp d’altitude.
Au sommet de l'Everest ou au niveau de la mer, l'air contient la même proportion d'oxygène, soit
environ 20%. Cependant, la pression atmosphérique (densité de l'air) n'est pas la même. Elle diminue
à mesure que l'altitude augmente.
Il faut monter suffisamment haut pour s’acclimater. Cette règle concerne le choix du camp de base qui
devra être situé entre 4 800 et 5 200 m d’altitude. L’organisme a besoin d’avoir été confronté à une
altitude suffisante pour stimuler ses mécanismes de défense contre le manque d’oxygène
1.7.LE MAL AIGU DES MONTAGNES MAM
Le MAM est le signe d’une acclimatation incomplète de l’organisme à l’altitude. Il peut être bénin,
mais les complications peuvent devenir graves (oedèmes pulmonaires OEdèmes cérébral..). La seule
condition de survie en cas d'oedème pulmonaire ou cérébral est la redescente. Un passage par le
caisson hyperbare peut s’imposer avant la redescente.
Dossier de Presse dépollution du camp IV à 7 900 m Everest
de Luc Boisnard